mardi 6 septembre 2011

JUSTICE - Les parties civiles dénoncent les « manipulations » pour éviter le procès de l’ex-Président...

«C'est un cas d’école à enseigner à tous les jeunes avocats, ironise un ténor du barreau. La défense de Jacques Chirac est brillante…» Appelé à comparaître à partir de lundi dans l’affaire dite des « emplois fictifs » de la mairie de Paris, l’ancien président de la République ne sera finalement peut-être jamais jugé. Vendredi, ses avocats ont, en effet, fait parvenir au tribunal correctionnel un rapport médical indiquant que « Jacques Chirac n’a plus l’entière capacité de participer au déroulement des audiences ». Pourtant, à ce courrier, l’ancien Président a joint une lettre dans laquelle il exprime le vœu que « ce procès aille à son terme ». Malgré son état, « Jacques Chirac est prêt à assumer ses responsabilités », nous a confié, hier, un de ses avocats.
Un rapport rédigé il y a deux mois
«Ce n’est pas un paradoxe. C’est une dérobade, critique Frédérik Canoy, l’un des avocats des parties civiles. Chirac veut faire croire qu’il assume ses actes alors que tout est fait pour lui éviter un procès…». De fait, le rapport médical a été rédigé par un proche du couple Chirac en juillet. Pourquoi donc avoir attendu le dernier moment pour le communiquer au tribunal ? «Pour mettre tout le monde devant le fait accompli et gagner encore et toujours du temps», pense Frédérik Canoy.
Treize ans après le début de l’instruction, le sort de Jacques Chirac est désormais placé entre les seules mains de Dominique Pauthe, le président du tribunal. Chargé d’écrire la fin du scénario, le magistrat qui a jugé Kerviel, Villepin et Pasqua par le passé sait déjà que, cette fois-ci, le film sera mauvais. Dans son « plan d’audiences » que 20 Minutes a pu consulter, Dominique Pauthe avait, en effet, prévu d’interroger Jacques Chirac quasiment tous les jours. Cela semble compromis. « On attend la vérité sur l’état de santé de Jacques Chirac, réagit Jérôme Karsenti, avocat de l’association Anticor. Il faut cesser les manipulations. Si Chirac est malade, il faut faire une contre-expertise et le dire aux Français. » Cette «vérité» sera peut-être connue dans les jours à venir. En attendant, Jacques Chirac n’est toujours qu’un prévenu qui encourt dix ans de prison. 


Vincent Vantighem

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